▷ État des lieux de la transformation digitale chez les PME


À l’heure du travail à distance et des gestes barrières, la transformation digitale des PME est plus que jamais d’actualité avec la crise sanitaire. Voici un état des lieux de la question avec la dernière étude de Sortlist…

La plateforme de mise en relation entre entreprise et agence de communication Sortlist a publié cet été une enquête sur la digitalisation des Petites et Moyennes Entreprises (PME). L’enquête a été menée auprès de 500 PME en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne et en Belgique.

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Pas de transformation digitale pour 22% des PME

Un chiffre retient l’attention : 22%. C’est le pourcentage de PME n’ayant pas de site web. Le chiffre impressionne d’autant plus si on le ramène aux 25 millions de PME présentes au sein de l’Union Européenne (chiffre de 2018). À noter qu’il existe des disparités importantes à l’intérieur du territoire.

Alors qu’en Allemagne, 22% des PME n’ont pas de site internet, elles sont 34% en France et 42% en Belgique ! Selon l’étude, ces différences s’expliquent par la capacité de ces pays à « adopter des nouvelles technologies rapidement » et celle à faire « preuve de souplesse par rapport aux innovations ».

De plus, les pays au meilleur taux de « digitalisation sont ceux qui « accordent de l’importance à la génération de nouvelles connaissances » et « présentent une forte compétitivité numérique ».

Transformation digitale des PME selon leur nationalité

Par ailleurs, la transformation digitale est conditionnée par la taille des entreprises. Les chiffres sont éloquents : 90% des PME ayant un chiffre d’affaires entre 30 et 50 millions d’euros par an possèdent un site web. Lorsque ce chiffre est entre 0 et 100 000 euros, elles ne sont que 45% à avoir un site internet.

Un site web dispensable pour ces PME

Comment expliquer une telle différence ?

La mention du chiffre d’affaires laisse à penser que l’utilisation du numérique est une question de moyen. Cela est vrai, mais ce n’est pas la raison principale. Les entreprises qui ne disposent pas de site web sont 37% à penser qu’elles n’en ont pas besoin.

Pour Sortlist, elles font une erreur de diagnostic. D’une part, de moins en moins de secteurs d’activité échappent à la numérisation. D’autre part, l’absence de visibilité sur le web empêche des clients potentiels d’accéder aux biens ou aux services de ces entreprises. Ils sont alors redirigés vers leurs concurrents, quelle que soit la distance où ils se trouvent puisque la compétition est mondiale.

« Le fait de ne pas avoir un site Internet est [donc] une faille majeure pour faire face à cette compétition ».

Facteurs de non création de site web chez les PME

Autre raison invoquée par les PME en partie liée à la précédente : le site web est d’autant moins indispensable qu’il peut être « compensé » par les réseaux sociaux. L’idée paraît séduisante : créer une page Facebook ou un compte Twitter ne coûte rien et permet d’accéder à des millions d’internautes.

Cette recette a pu fonctionner pendant des années, au point que des entreprises ont pu prospérer rien qu’avec une page Facebook. On se rappelle de l’exemple du média d’information américain « Little Things ».

Le problème était que le business de ces sociétés dépendait uniquement d’une autre : Facebook. À partir du moment où cette dernière changeait l’algorithme qui gouverne le fonctionnement du fil d’actualité pour favoriser les publications des proches au détriment des « pages », ces entreprises devaient mettre la clé sous la porte. C’est ainsi que la portée organique des posts de Little Things connaissait une chute de 75%.

C’est pourquoi passer uniquement par le canal des réseaux sociaux est une fausse bonne idée. Tout d’abord, parce que les entreprises n’ont pas la main sur les changements qui affectent ces plateformes dont les effets peuvent être délétères sur leur business. Il est également devenu difficile d’être visible sans payer pour faire de la publicité. Il vaut mieux garder cet argent pour se doter d’un site web vers lequel renvoient ses comptes sur les réseaux sociaux.

Comme l’indique l’étude de Sortlist, avoir un site internet n’est pas une charge, mais un investissement dont les bénéfices sont multiples : élargir son audience, améliorer son image de marque, mesurer précisément ses résultats… De plus, cet investissement n’est pas nécessairement prohibitif si on fait le bon choix de CMS, thème, hébergeur, etc.

Précision : l’enquête de Sortlist a été réalisée en pleine pandémie de la Covid-19. Les entreprises impactées ont donc fait porter le poids de leur manque à gagner sur le numérique : près de 60% des PME qui avaient pour projet de se lancer dans leur transformation digitale ont réduit leur budget consacré à leur présence en ligne.

Dernier objectif à la création d’un site web : le manque de compétence. Un argument fallacieux selon Sortlist qui argue de l’accessibilité des outils numériques. C’est méconnaître, à nos yeux, l’illectronisme qui peut toucher une partie du personnel des PME, sans compter le temps consacré à l’administration et à l’alimentation d’un site web. De même, recourir aux services d’un prestataire comme le mentionne Sortlist peut s’avérer onéreux.

Des sites web conçus par des agences et pour le mobile

Cela étant dit, la majorité des PME qui possèdent un site internet l’ont fait faire en collaboration avec une agence en webdesign, un freelance ou une agence en expérience utilisateur (UX). Ce dont se félicite Sortlist, la transformation digitale ayant apporté son lot de complexités.

Parmi elles, il y a le responsive design qui est la priorité numéro un des PME ayant un site web. Ne pas prendre en compte le mobile dans la conception de ce dernier revient à se couper d’une partie importante de son audience, notamment les plus jeunes.

Priorité des PME ayant un site web

Si les autres priorités évoquées par l’étude sont importantes, on peut s’étonner que l’amélioration du SEO apparaisse en dernière position. C’est pourtant grâce au référencement naturel que les entreprises apparaissent dans les premiers résultats de Google qui sont cliqués en majorité par les internautes. C’est donc un canal qui génère du trafic et, potentiellement, des conversions.





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